Deauville Day 01

Publié le par Boutigny Guillaume

Il neigeait la semaine précédente. Aujourd'hui il pleut sans réellement discontinuer, et un froid assez mordant se fait ressentir. Heureusement l'appartement investi en fin d'apres midi se revele bien chauffé, bien isolé et surtout équipé pour manger chaud à moindre frais (donc sans passer par la case restaurant ou la délicieuse mais hors de prix sandwicherie de Deauville et ses paninis). Aussitot les affaires déballées et les lits attribués, direction le CID. Comme d'habitude l'acceuil est impécable, et le cadre superbe bien qu'un peu clinquant. Une fois le fameux sesame, que constitue l'accréditation presse, récupéré il se doit d'aller poliment saluer le service presse. Donc bonjour à Céline Petit du Public Systeme Cinema. Et bonjour à divers autres personnes possédant elles aussi le sésame (saluons la Sancho Team et Bastian). C'est maintenant l'heure de discuter des demandes d'interviews. Aurons nous celles que nous avions préalablement demandé ? et bien non, car finalement la malediction qui me poursuit à encore frappée : Stanley Tong et Wisit Sasanatieng ne seront pas présent, ce qui tombe mal puisque ce sont les deux seuls que je voulais et que j'avais préparée. Il ne me reste plus qu'à en préparer d'autres : au hasard Ryuichi Hiroki et peut etre Yoshitaka Kamada.

20h30. Ouverture du Festival. Après un discours "traditionnel et vide" du Maire de Deauville place à Pierre Rissian qui nous présente l'oeuvre de Chen Kaige, avant bien sur que ce dernier monte sur scene pour nous souhaiter une bonne projection de Wu Ji.

Wu Ji....... Un film dont il facile de dire du mal. A raison. Un film surprenant de la part de Chen Kaige, un virage complet dans sa filmographie pourtant pas si uniforme que cela. Mais avec Wu Ji il s'attaque à la fresque épique. Et le résultat est assez surprenant, en partie à cause de deux facteurs. Le premier est la qualité générale des effets spéciaux. De superbes à quelques rares moments, ils deviennent ridicules à d'autres comme cette incroyable course dans un canyon donnant un coté Toons malvenu au film.Le second mauvais point est Nicholas Tse, égal à lui meme dans son inexpressivité et son ridicule qui ne tue, heureusement pour lui, pas. Completement lisse, il ne fait pas le poids face à un Hiroyuki Sanada qui meme s'il donne l'impression de surjoué se revele completement à l'aise dans son role ambigüe et shakespearien. Pourtant si il est facile de dire du mal de Wu Ji, il serait plus raisonnable d'atténuer le jugement puisque finalement le film n'est pas si catastrophique qu'annoncé avec les premiers échos. Certes le scenario est confu. Certes l'histoire est simplissime et peu accrocheuse. Mais plastiquement le film est ma-gni-fique. Le travail effectué par Chen Kaige et ses collaborateurs sur les couleurs est particulierement réussi : costumes clinquants d'un rouge sang, robes d'un blanc épuré, noirs profonds, tout dans le choix des couleurs fait immédiatement penser à du factice théatral. Le spectateur est alors bien dans une fresque mythologique, loin de la dure apreté d'un Seven Swords. De plus le film devient poétique dans le choix des décors : cage dorée à taille humaine pour y enfermer une femme revetue d'une parrure de plume, foret brumeuse, batiments démesurement gigantesques, et une salle d'arme avec des panneaux amovibles pour un combat original où le décor est un acteur vivant. Il est cependant dommage que Chen Kaige n'est pas pris le temps de donner plus de lisibilité à son histoire. Le film n'arrive pas à briser la distance entre lui et le spectateur. Ce qui est dommage étant donné la belle métaphore de liberté, avec l'image de l'oiseau omniprésente, que le film représente.

Publié dans Evenements

Commenter cet article