Deauville Day 02

Publié le par Boutigny Guillaume

Il pleut. Un grand classique de la météo normande en Mars. Dans un sens, ça permet de mieux apprécier les longues scéances en salle obscure. Ou tout du moins avoir moins de remords à y aller. Par contre ça n'enleve toujours pas le salle gout de remords au fait que Wisit Sasanatieng et Stanley Tong soient absents. Alors pour m'en remettre j'ai demandé l'interview de Ryuichi Hiroki (accompagné de Shinobu Terajima). Réponse non communiquée pour le moment.

09h15 - Mon voisin Totoro

Un classique de l'animation. Et surement un des anime les plus beaux et droles jamais réalisés. Salle comble avec parait il environ 1300 enfants des classes primaires environnantes, et comme chaque année une ambiance de folie grace à un public qui réagit à merveille, et se retrouve en extase devant le kawai Totoro (et le chat bus bien sur !).

11h30 - AV

Pang Ho-Cheung signe ici une tres jolie comédie dont le sujet aurait pu facilement tomber dans le graveleux. Quatres amis décident de réaliser un film porno et engagent une actrice japonaise dans l'espoir de coucher avec elle. Le film se revele rythmé, porté des dialogues assez savoureux et quelques bonnes trouvailles de mise en scène. BIen sur tout cela ne vole pas très haut, mais AV est un bon divertissement sans prétentions.

15h00 - Yumeno

Censé être le premier film de Yoshitaka Kamada (qui a officié préalablement sur du pinku, mais ça à Deauville on le passe sous silence; le cas de Ryuichi Hiroko étant le plus démonstratif), Yumeno est un film qui joue sur un constant numéro d'équilibriste entre introspection et vacuité. Heureusement, meme si le coté borderline se fait ressentir, Yumeno se présente comme un beau portrait de 3 jeunes en perdition morale. Peu de dialogues, peu de musiques, des décors froids et glacés d'Hokaido en Hiver, de longs plans sans mouvements, des visages filmés de pret, voilà ce qu'est Yumeno. Et il peut décevoir, meme si les japonais excellent dans cet art de mise en scène épurée et distante. A voir pour se faire une idée.

18h30 - I am an SM writer

Ryuichi Hiroki au top de sa forme cela donne I am an SM writer. Saluons le courage de la programmation qui passe ce film pas vraiment grand public à une heure où justement le grand public se déplace en masse. BIen sur c'etait dans le petit salle du Morny, mais quand meme il y avait un risque de choquer. Car meme si le film n'est pas pornographique, il dépeint un etrange jeu sexuel fait de bondage SM entre un mari écrivain qui demande à l'amant de sa femme (et son plus proche collaborateur) de lui décrire en détail leurs jeux SM. Heureusement le film a la distance necessaire pour ne pas etre vulgaire, en partie grance à un humour plutot vif et la prestation de Ren Osugi.

20h30 - Citizen Dog

Le Festival aurait du s'arreter à la fin de la scéance puisque Citizen Dog est un chef d'oeuvre. Second film de Wisit Sasanatieng, apres les larmes du Tigre noir dont il reprend l'esthétisme, Citizen Dog est un film drole, pertinent, intelligent, onirique, fou, tendre dans Bangkok décalé de carte postale. Il vaut mieux ne pas trop en dire sur ce film, pour ne pas gacher la surprise, mais Citizen Dog est une merveille qui rappelle sur certains points Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain, mais aussi des délires à la The Taste of Tea et meme une ambiance à la Monrak Transistor (ce n'est d'ailleurs peut etre pas forfuit puisque Pen-ek Ratanaruang prete sa voix au narrateur du film). Vivement la sortie francaise de ce film.

22h30 - Loft

Kurosawa fait du Kurosawa. Il le fait bien; c'est meme le maitre dans le secteur. Mais cela devient lassant, puisque le film n'innove pas. Certes il faut admirer la maitrise de la mise en scene, avec ce faux minimalisme qui ammene la peur. Chez Kurosawa pas besoin de scenes démonstratives pour installer l'ambiance. Les anciennes recettes sont les plus efficaces. Mais Loft souffre surtout d'un scenario confus et pas terminé. Des dizaines de questions restent en suspens. Des pistes sont ouvertes et sont pas suivies. Pourquoi l'heroine crache t'elle de la boue ? voilà une des questions sans réponses. Loft est donc frustrant. Avec n'importe qui d'autre aux commandes, Loft aurait meme été traité de bon film. Mais on est en droit d'attendre plus de ce réalisateur qui tourne légérement en rond depuis quelques temps. Un petit éclat de bonheur à la Excitment of the Doremi Girl serait le bienvenu.

Publié dans Evenements

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YiYi 13/03/2006 20:56

Tout à fait de ton avis par rapport à ton analyse de Loft, je trouve en effet que la moindre des choses aurait été de dévoiler le pourquoi de la boue dès le début du film. On reste sur sa faim, d'autant que comme tu le dis si bien Kuro fait du Kuro, et on se lasse de le voir faire du Kuro. "Sawa" comme ça, ok, jeu de mots tiré par les cheveux ! ! ! Je dirais aussi que l'esthétique du film, cette teinte sableuse, ombreuse me remémore les grands succès de ce genre cinématographique japonais, de ring à dark water, mais là, il ne s'agit juste d'une impression.Pas mal, ce blog Yume ! ! !