Je viole, tu violes, il viole, nous violons.....

Publié le par Guillaume

WHITE ROSE CAMPUS

Il n’y a pas à dire, le pinku c’est surtout une question de limites personnelles, de tabous et de résistance aux pires affres scénaristiques de mauvais gout. Et du mauvais gout, White Rose Campus en regorge. D’ailleurs la seconde partie du titre est littérallement explicite : Then everybody gets raped. Au moins on sait à quoi s’attendre, c’est déjà ça. Ce dont on se doute moins c’est qu’au-delà du (des) viol(s), grand classique parmi les classiques devenu assez malheureusement innofensif en terme de sexploitation, White Rose Campus saura se rendre assez ignoble par moment, vulgaire quasiment tout le temps, et se pose au-delà de ce que je peux moralement endurer du fait de la complaisance mysogine qui suinte de tous les pores (porcs ?) de cette péloche raccoleuse.

Des lycéennes s’appretent à prendre le car et partir en voyage organisé avec leur professeur. L’une d’elle, amoureuse, a organisé une rencontre avec son petit ami sur une aire d’autoroute. Ce dernier a pourtant autre chose en tete. Avec un ami, ils comptent prendre le car en otage et violer le plus possible de filles. Pour se faire aider ils engagent un balayeur pervers et lorsque le car fait halte comme prévu, les trois comparses montent à bord, prennent tout le monde en otage, virent sur le bord de la route celles qu’ils considèrent comme moches et violent le reste.

Je ne sais si la montée en puissance des Avs (films pornographiques) au début des années 80 en est le déclencheur, mais le pinku de ce début de decennie a perdu de sa superbe et joue allegrement la carte du graveleux pour le graveleux, jouant ostensiblement sur l’attirance du spectateur pour le déviant et non plus réellement sur la transgression de tabous. Car il n’est plus ici de tabous. Il est juste question de moralité. Et White Rose Campus n’en a pas, avec tout le danger que cela implique sur une certaine image de la femme. Ce qui est le plus dérangeant dans White Rose Campus ce n’est ni le viol collectif, ni l’inceste, mais bien cette fin qui semble claironner que le viol ce n’est pas grave ; à l’image de ces lycéennes repartant le sourire aux levres comme si de rien n’etait alors qu’elles ont été victimes de tournantes la journée précédente. Avant ce dénouement, que je prend plaisir à spoiler, White Rose Campus n’etait qu’un film graveleux et vulgaire, pas sexy pour un sou, qui tentait la surenchère constante pour ne pas lasser des desesperement répétitives scenes de viols. Ca viole dans le bus, ca viole dans la chambre d’hotel. Alors pour rabaisser un peu le niveau, pourquoi ne pas rajouter une scene de masturbation avec des tampons usagés dans le nez, et une sombre sous intrigue d’inceste. Pourquoi pas, après tout, si cela plait à la cible, meme si il est navrant de constater la déchéance d’un genre sur une decennie. A peu de choses prêt, autant préférer un AV à des pinkus faciles de ce genre, on évitera la complaisance vulgaire et on aura tout autant de viande. Au-delà de la thématique, il est tout aussi regrettable de constater combien bas a pu tomber un réalisateur pourtant qualifié d’esthétique durant les années 70. Réalisateur de quelques uns des plus gros succcès de la Nikkatsu durant cette décennie, OHARA Koyu semble ici totalement desinteressé du résultat et livre un produit mal fini, sans artifices. A n’en pas trop douter le film lui a été imposé, alors qu’il désirait dévier vers un cinéma plus mainstream. Il quittera la Nikkatsu cette meme année pour la Golden Harvest de Hong Kong.

A y réfléchir, oui l’avenement des Avs a bien été fatal au pinku. Mais ce dernier genre s’est auto mutilé en se débattant pour sa survie, empruntant une voie trop facilement raccoleuse ; et s’étouffant parfois, comme c’est le cas dans White Rose Campus, dans un marasme de facilités moralement insuportables. A trop vouloir choquer…..


White Rose Campus : Then Everybody gets raped (白薔薇学園 そして全員犯された) aka Shirobara gakuen: soshite zenin okasareta
1982
Studio : Nikkatsu
Un film de OHARA Koyu (小原宏裕)
Avec : MISAKI Nami (三崎奈美), OTA Ayako (太田あや子), ODA Waka (織田倭歌), MINATO Yuichi (港雄一)

Publié dans Cinéma Japonais

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Guillaume 16/09/2009 23:47

Je signale au passage un article d'Agnes Giard sur son bloghttp://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2009/09/le-violeur-à-la-rose.htmlau sujet d'un des films passés à la retro de l'EF et donc en future sortie chez WS.On y parle entre autres choses de la mode des films de viol, avec l'intervention de Martin de chez Eigagogo d'en face.Si on peut evidemment arguer sur le grotesque enlevant tout impact au viol et donc l'éloignant de la réalité, j'ai tjs autant de mal à comprendre l'interet de ce genre et sa montée en puissance niveau ordurier (parce que sinon, clairement, le viol est la composante quasi obligatoire du roman porno et du pinku)