Il y a des idées de sujet qui sont des corrélations bizarres.
Ce midi je relisais le plutot passionnant
Kenji Mizoguchi and the art of Japanese cinema de SATO Tadao, et peu après mes agrégateurs de flux RSS me signalent les sujets de philosophie du bac
de cette année. Je lis donc :
Le langage trahit il la pensée ?
Coincidences, dans un premier chapitre du livre SATO rapporte la préface signée par MIZOGUCHI Kenji dans un receuil de screenplays de son scénariste fétiche YODA Yoshikata. Je cite, et en anglais
pour pas ne redenaturer une traduction faite depuis le japonais :
Yoda-kun worked very hard for many years for me, just like a wife. I basically hate talking. Really, I think words lack freedom. I always think impatiently s that before speaking I am
already irritated at not finding the proper words. Si I always come across as some raging beast. People think I say thing unnecessarily, but it's not who I am at fault. It is language itself
that is to blame. Yoda-kun understood that about me so ,he let me have my say and carry on with his work.
I think no one understands Yoda-kun's working style better than me. His first draft is never very interesting. When I point this out he changes it dramatically and produces a really outrageous
second draft. I don't know how many times I have been embarrassed by such revisions. Even if the first wasn't really interesting, by and large it achieved what it set out to do. The second draft is
almost the opposite of the first. I you tell him what you think of it he will make a third draft. At this point an unrecognisable glow is released.
En plus de répondre à la question philosophique sur laquelle planchaient les lycéens littéraires, cette préface illustre parfaitement un certain ressenti que le spectateur a obligatoirement à la
vision des films de MIZOGUCHI : les paroles sont subsidiaires et la construction formelle doublée d'une bonne direction d'acteurs en dit plus long, et de façon plus riche, que certains longs
discours. MIZOGUCHI savait capter l'ame.
Et ceux qui ont un peu au courant du caractère de MIZOGUCHI ne seront pas surpris de la façon dont il traite et parle de son scénariste, un pourtant indisociable de toute son oeuvre. En effet
MIZOGUCHI ne laissait que peu de place à l'erreur et la discussion contradictoire. Le terme anglais pour son métier est Director, et effectivement il dirigeait, fermement, jusqu'à choquer ou
déplaire. Et pourtant ce caractère un peu dur était sans rapport avec son amitié ou admiration pour telle ou telle personne. Sans aucun doute Mizoguchi reconnaissait nombre de qualités à son
scénariste Yoda.
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