
FESTIVAL DU FILM ASIATIQUE DE DEAUVILLE, 11ème édition
Parlons films, car c'est là le plus important. Regard rapide sur ce que j'ai pu voir.
Naked of Defenses
Archétype du film indépendant, sans moyens, qui aurait pu être bien si ce n'était un discours d'une vacuité absolue et une approche maladroite, due tout autant à des manques d'expérience
(montage, musique, cadrage, direction d'acteurs) qu'à un choix d'approche intimiste du réel, sans enjeux. Le summum restant une scène inexplicable de l'héroïne urinant, en gros plan. A voir si
vous aimez quand un réalisateur filme l'accouchement de sa femme et s'en serve dans un film.
Breathless
Rempli de clichés inhérents au cinéma coréen : violence exagérée, cris, femmes baffées, Breathless réserve quand
même quelques jolies surprises intimistes qui ont le mérite de ne pas céder à une facilité narrative ou scénaristique. N'empêche que sur la durée le film est too much, à la limite du ridicule. Ne
mérite en aucun cas le prix reçu.
Fireball
Pas de ladyboy ni d'handicapés dont on se moque. A se demander si le film est vraiment thaïlandais. Mis à part cet impardonnable manque d'identité culturelle, le film est un joli navet cadré par
un aveugle (pas un seul coup n'est cadré dans le champs), monté façon stroboscopique et dont l'argument basketball est une vaste blague. Les scènes d'action étant illisibles (et encore je suis
gentil), l'histoire étant inexistante, Fireball remporte la palme du film à ne pas voir, même pour une soirée bière. Préférez Le Sang des Héros, sur une thématique proche.
The moss
Le film commence plutôt bien, avant de s'écrouler sous son manque de fondations et d'enjeux. The moss est un polar comme HK nous en a pondu des centaines, avec les mêmes défauts (sentimentalisme
guimauve, humour scato, surjeu), le tout sur fond de réalisation dans le vent c'est-à-dire poseuse, illisible et surdécoupée. Un film de fin de soirée.
Members of the funeral
Je suis partagé. D'un coté le film n'apporte rien. De l'autre il propose une histoire sympathique,
montée comme un roman policier (on pense à Agatha Christie, souvent citée dans le film) par chapitre et points de vues avec des personnages atypiques. Au final, c'est quand meme un peu vain,
malgré une jolie image et une réalisation parfaitement maîtrisée
My Dear enemy
Lee Yoon-ki confirme ici, avec son 4ème film, qu'il est bien le réalisateur le plus intéressant et doué de Corée. Tout est si parfaitement maîtrisé que l'histoire, à priori basique, se déroule
comme une partition. Centré, comme d'habitude, sur des portraits (majoritairement un homme, pour une fois), My dear enemy est un petit bijou intimiste et divertissant qui rappelle au monde qu'en
Corée on sait quand même faire autre chose que des boursouflures égocentriques.
The Chaser
Pas vu à Deauville, pour cause de resté à la porte de la salle, The Chaser n'en est pas moins l'antithèse exacte de My dear enemy, c'est-à-dire une boursouflure égocentrique d'un réalisateur se
croyant dans le vent. Ce n'est pas pire que les films du même genre sortis les années précédentes, c'est juste tout aussi inutile, gratuit et dispensable. On ne parlera même pas des incohérences.
Love Talk
Le film le plus faible de Lee Yoon-ki. Tourné aux USA sur fond de discours d'intégration et immigration, Love Talk n'en reste pas moins un bon petit film, certes bancal et quelques fois
soporifique, mais bien supérieur à la moyenne des drames coréens.
The divine weapon
Les films en costume coréens, c'est généralement un calvaire. Entre des similis wuxia pian ineptes, et des
drames pas réjouissants, l'idée même de voir un nouvel essai fait frémir. A raison d'ailleurs. The divine weapon est un échec total. Archétypal, poseur, surdécoupé (mais arrêtez donc avec cette
fausse mode), long, lent, guimauve, académique. Et même pas bon dans les rares moments d'action. A oublier vite fait.
Departures
Oscar du meilleur film étranger. A croire que la compétition ne devait pas être rude et les opposants bien mous. Ne vous méprenez pas, le film est bien, touchant juste comme il faut ; un peu
calibré peut être voire sûrement. Je m'attendais à mieux. Reste une HIROSUE Ryoko qui vieillit bien et s'affirme d'autant plus, petit rayon de soleil d'un film carré, au message limpide qui
s'englue toutefois dans quelques longueurs et facilités.
Heureux, sinon, d'avoir croisé deux éminents blogueurs (Epikt et Pierre de dooliblog), meme si ils se trainaient un boulet de premiere catégorie.
Prochaine étape : Nippon Connection à Frankfurt, en avril.
(désolé pour le boulet, c'était pas prévu ; on va dire que c'est la rançon de la gloire et du pas-de-bol)
Sinon, assez d'accord avec ce que tu dis (je vais voir à faire un compte rendu moizaussi, peut-être).
PS : c'est bien le nippon connection ? les films sont en vosta au moins ? car j'a vu que la programmation à l'air pas mal (Nightmare Detective 2 par exemple ^^)!
PS 2 : c'était qui le boulet ? ^^
Quant au Nippon Connection, premiere fois que j'y mettrai les pieds. Mais ça a une excellente réputation et la programmation est à premiere vue excellente.
Sinon le boulet.... c'est un boulet. J'ai pas retenu le nom. Mais il a tapé l'incruste sous pretexte qu'il lit régulierement le blog de Pierre. M'enfin, c'est pas moi qui l'ai le plus subi.
Sinon tu n'as pas vu "All around us" ? C'est vraiment mon gros coup de coeur du festival (sans compter "My Dear Enemy" que j'avais déjà vu).
Et tu veux pas nous faire un screener du Sono Sion à Frankfurt ? :)
J'étais un peu trop éteint le dimanche pour durer jusqu'a la scéance de All around us à 20h00. De toutes façons j'ai le dvd qui arrive sous peu, et le film passe à Frankfurt (et si je n'aurai probablement pas de screener du Sion, il y a de fortes chances pour que j'en parle ici meme)
Salut,
Globalement d’accord sur tes remarques concernant la tristesse de cette édition. Mais quel spectateur un tant soit peu exigeant ne le serait pas ?
Juste une chose concernant ton argument : « 3/je verrai les mêmes films au cinéma d'ici quelques semaines. »
Toi certainement mais c’est loin d’être le cas de la grande majorité des personnes qui fréquentaient les files d’attente (amateurs invétérés de cinémas d’Asie compris). Ca demeure le dernier attrait de ce festival - que je n’ai pourtant nulle envie de défendre en l'état actuel - et c’est là la raison pour laquelle nous y serons aussi probablement à nouveau l’an prochain sauf si l’offre se dégrade encore (est-ce possible ?).
Au-delà des déceptions et des (rares) bonnes surprises, je préfèrerai toujours juger des Coq de combat, The Moss ou autres Divine Weapon en salle plutôt que de les consulter en DVD. Oui hein ? faut être pervers ou en manque.
Quant à The Chaser, qui lui connaît une sortie nationale, son passage dans certaines villes n’est rien moins qu’hypothétique…
j'ai trouvé le film d'une grande finesse, il prend des directions originales et sa fin est amenée toute en douceur. Vraiment superbe.