La nuit du 21 septembre 1945, je suis mort.

Publié le par Guillaume

LE TOMBEAU DES LUCIOLES


Ecrire sur le tombeau des lucioles fait ressurgir des images, et des sons.
Une petite fille qui rit aux éclats, poursuivie par un grand frère grognant comme un ours. Un ballet de lucioles dans la nuit noire. Une petite fille qui se meure de diarrhée et malnutrition, et son grand frère totalement impuissant. Du feu, une boite en métal, des bonbons, des pleurs, des arbres, des maisons réduites en cendres. Et un enfant mort, seul, abandonné, sur le quai d'une gare.
Ecrire sur le tombeau des lucioles fait ressurgir des images et des sons, et de chaudes larmes entrecoupées de rires sincères.

C'est ainsi. Il est des films qui boulversent tellement que l'émotion est impossible à retranscrire par des phrases cohérentes. Passant outre la barriere des simples images (le débat n'est plus sur la catégorie ou le genre), anihilant toutes consédirations formelles, le chef d'oeuvre (le mot est lancé) de TAKAHATA Isao a ceci de rare qu'il touche le coeur et ne laisse personne indemne. Le tombeau des lucioles est simplement juste, humain, boulversant et terrifiant de vérité. Pourtant, il faudrait s'y attarder au formalisme. Jetter un oeil, encore humide, sur la beauté des décors, la véracité documentaire des scenes proposées, la fluidité des mouvements, la mise en scene laissant parler la poésie des choses simples comme des lucioles, la tendresse du réalisateur pour ses personnages pas si fictifs que cela, et pour la voix de Setsuko; impressionant de véracité sous l'impulsion de la toute jeune SHIRAISHI Ayano. Il y a beaucoup à dire sur la réussite formelle, mais cela passe au second plan. Et malheureusement l'interet premier du film ne peut s'expliquer autrement qu'en le regardant soi meme. Le tombeau des lucioles se vit et se ressent. Il ne s'explique pas, il ne se raconte pas.

Tout  juste peut on dire que les lucioles du titre sont une triple métaphore. Tout d'abord une double lecture typiquement japonaise, les caracteres de Hotaru (lucioles) pouvant se décomposer en Hi Taru, le feu qui tombe du Ciel. Les bombes qui ont scellées le destin de deux jeunes protagonistes. Mais les lucioles reprensent aussi dans l'imaginaire japonais les ames des défunts flottant dans le monde physique. Et enfin les lucioles sont la fugacité de la vie, l'existence éphemere telle celle de Setsuko, dont on ne garde pourtant que les bonnes choses, les belles choses. Leur lumière.

Dans la nuit d'été
Le rire de l'enfant raisonne
Lucioles par milliers


Hotaru no Haka (火垂るの墓) aka Le tombeau des lucioles

1988

Studio : Ghibli

Adapaté d'un roman de NOSAKA Akiyuki (昭如野坂)

Un film de TAKAHATA Isao (高畑勲)

Avec les voix de : SHIRAISHI Ayano (白石綾乃), TATSUMI Tsutomu 

Publié dans Cinéma Japonais

Commenter cet article

Laurent 06/01/2009 17:40

découvert grâce à arte, et ce fût "bein sûr" tout simplement magique...

Guillaume 06/01/2009 23:48


.... et forcément triste.