Débordements #1 : esclavagisme et domination

Publié le par Boutigny Guillaume

DEBORDEMENTS : PREMIER EPISODE

Racoleur. Facile. Inutile. Vulgaire. Article écrit pour faire monter les stats de visite. Inadmissible. Etrange. Sensuel.

Des qualificatifs à cet article, on peut en trouver des centaines, majoritairement des négatifs ou des virulents (je le concede)
Mais les rapports entre la douleur et le sexe sont étroits dans la culture japonaise. Leurs fantasmes sont exotiques, déplacés ou pervertis de notre point du vue occidental. Mais voilà, le sexe et le SM c'est aussi une grande part de la production japonaise depuis la naissance des pinkus, puis des romans pornos et enfin des Avs. Et au Japon, l'approche douleur et sexe, violence et amour savent se faire poétiques, étranges et quelques fois sensuels.

Et comme il n'y a pas que le chambara et ses chambardements dans le cinémathèque d'un amateur de cinéma japonais, ou comme il ne devrait pas n'y avoir que ça, l'erotisme japonais dans ce qu'il a de plus sensuel ou de plus craspec doit aussi pouvoir prendre la parole. C'est le but de ce Débordements, premier d'une peut etre longue lignée de contribution comme son grand frere armé de katana.

Voici une selection de 3 films qui devraient attiser votre curiosité :
(notez bien que là on commence soft)

MONLIGHT WHISPERS (1999)
Avec une pudeur extreme malgré le sujet sensible et facilement vulgaire si mal traité, SHIOTA Akihiko va conter le jeu pervers de deux adolescents qui vont se reveler à leur coté SM. Là où certains ne verront qu'obsession et fétichisme, Moonlight Whispers est surtout un film qui parle d'Amour. Celui de ces deux adolescents qui se retrouvent en communion dans la mise en scene de leurs fantasmes de voyeurisme, de fétichisme, de domination. Leur histoire n'est pas dérangeante ni amorale, elle est simplement différente. En rentrant dans l'intimité de ce couple, puisque s'en est un quoiqu'on en dise, SHIOTA dévoile un univers en sensualité mais aussi plein de douleurs et de véritables passions. Et sans apporter le moindre jugement de valeur (qui le pourrait d'ailleurs), Moonlight Whispers devient juste un superbe film sur l'amour mais aussi la tolérance. Magnifique, touchant et quelque fois douloureux.

Moonlight Whispers (月光の囁き) aka Sasayaki
Un film de SHIOTA Akihiko (塩田明彦)
Avec : MIZUHASHI Kenji (水橋研二), Tsugumi, KUSANO Kouta


WIFE TO BE SACRIFIED (1974)
Débutant comme un banal film sur le modele de torture et humiliation dominant - dominé, Une femme a sacrifier va se transformer en une belle histoire sur la redecouverte de l'amour et du plaisir charnel. Alors bien sur le parti pris sado machosiste pourra rebuter, le film ne se faisant pas avare en demonstration des diverses techniques, mais KONUMA Masaru évite tout aussi bien la vulgarité formelle, la caméra respectant infiniment le visage et le corps de l'actrice TANI Naomi, que le graveleux du discours. Passé les douloureuses premieres minutes, le réalisme SM cede la place à une ambiance plus métaphorique, quelque fois troublante de sensualité. KONUMA transcende le genre du roman porno pour extraire de la poésie charnelle et une idée, certes derangeante, de l'amour et du plaisir brut. Peut etre bien le chef d'oeuvre de Konuma malgré quelques éléments assez répugnants comme le sous entendu pédophile.

Wife to sacrified (生贄夫人)
Studio : Nikkatsu
Un film de KONUMA Masaru (小沼勝)
Avec : TANI Naomi, SAKAMOTO Nagatoshi, ASUSA Terumi, KAGEYAMA Hidetoshi


QUAND L'EMBRYON PART BRACONNER (1966)
Derrière ce titre incomprehensible, qui trouvera éclairage dans les flash back du long métrage, se cache une oeuvre complexe sur les pertes de reperes de la société japonaise. Car au delà du verni fait de sexe, torture, et humiliation physique comme mentale, WAKAMATSU parle de ses contemporains, leurs rapports sociaux et familiaux et la pression de la société. Le premier degré du film n'est qu'une métaphore, superbement mise en scene dans un huis clos étouffant et surrealiste. Une métaphore du syndrome de castration, une oeuvre subversive puissante. Voilà ce qu'est au fond Quand l'embryon part braconner. Cette plongée dans la folie d'un homme réputé banal qui entreprend de modeler la femme de ses reves est fascinante et inquiétante. Un film à découvrir d'urgence.

The embryo hunts in secret (胎児が密猟する時)
Studio : Wakamatsu Productions
Un film de WAKAMATSU Koji (若松孝二)
Avec : YAMATANI Hatsuo, SHIMA Miharu

Publié dans Divers

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claudia 18/11/2008 11:07

Merci d'être passé et de m'avoir donné cette documentation.Le livre débordement est écrit en français ? l'écriture est-elle belle? avez-vous aimé le livre ?Claudia

Epikt 20/07/2008 17:50

Yeah ! Kro kro kro bon ! Débordons !(juste histoire d'être constructif, à peine, j'ai pas vu Wife to be sacrified mais les deux autres sont très bons)

Boutigny Guillaume 21/07/2008 23:58


Oui, débordons !
(un second volet made in moi d'ici dimanche prochain, avec peut etre un texte sur les fantasmes nippons (style le visage))