Comment mettre une femme en boite ?

Publié le par Boutigny Guillaume

WOMAN IN A BOX

Avec l'invasion des AVs sur le marché de la vidéo et des salles de cinéma au début des années 80, le genre roman porno perd son public. Ces derniers allaient en voir dans les années 70 pour les scenes de sexe osées, mais bien sur non pornographiques meme si souvent non simulées, et ils se tournent maintenant vers une déclinaison plus hardcore. Pour avoir du sexe. Encore plus.
Certains réalisateurs continuent cependant à oeuvrer. KONUMA Masaru est de ceux là.
Pourtant à cette époque KONUMA est dans le meme état que le genre dans lequel il officie. Sur la pente descendante. C'est à cette époque qu'il réalise quelques films ineptes tant sur le plan de la mise en scene que du message machiste, fascite et limite raciste, tel que Slave contract (奴隷契約書, 1982). Deux ans plus tard, il réitere malheureusement ce genre d'erreur, en néanmoins atténues, pour le tournage de Woman in a box.

Un couple voyeur et exhibitionniste fait l'amour dans leur voiture garée en plein centre ville. Puis ils prennent la route et cherchent une jeune fille d'apparence pure et innocente. Leur choix se porte sur la jeune Miyoko. Ils l'invitent puis l'enlevent. Quand Miyoko se reveille, elle est attachée dans une salle en sous sol. Le couple va lui faire subir divers tortures SM avant de l'enfermer dans une boite.

Une chose est claire. Woman in a box est dans la continuité exacte de quelques unes des préocupations thématiques de KONUMA dont la fameuse opposition de la pureté et du vice et la sequestration. Mais si dans un film comme A wife to be sacrified, cette idée passait en douceux grace un traitement formel artistique et un beau personnage féminin, Woman in a box verse dans le message douteux. En effet la femme kidnappée se voit humiliée, dégradée tant physiquement que mentalement par le couple kidnappeur. Elle devient leur esclave avec tout ce que cette notion comporte d'avalissant. L'équilibre de la relation sado maso n'est donc plus présente et le film en devient malsain, meme dans sa derniere touche d'humour si typiquement "Kunmaienne" à la fin du film. Ce Okaerinasai sonne mal; preuve que la moralité du film ne se digere pas.

En plus de son thème extremement critiquable, voire insuportable, Woman in a box se morfond dans une réalisation totalement médiocre, et par moment indigne du KONUMA esthetisant que les années 70 nous avaient fait connaitre. Le film est tourné en video, et les scenes de sexe versent dans un porno crade (aucune simulation, et donc enormes mosaiques en plein milieu de l'écran sur la moitié du film) et sans aucun érotisme. Quelques rares moments surgissent cependant par intermitence comme le début de la scene sur la plage, ou la certitude que certaines scenes ont été tournées en pleine rue sans autorisaton. Mais l'ensemble est bien trop amateur et pauvre pour retenir l'attention.

Woman in a box est un bon exemple de la déchéance d'un réalisateur. Mais pire que cela, il s'agit d'un film à la complaisance machiste désagréable. Autant donc se tourner vers un bon AV de la meme époque. Vous aurez aussi les mosaiques pendant la pénétration, mais vous n'aurez pas spécialement envie d'eteindre le poste.

L'année suivante KONUMA Masaru réalisera un Woman in a box 2, sobrement intitulé Esclaves de la souffrance dans notre contrée. Le film sera une jolie réussite, excusant dès lors KONUMA de ses précédentes mauvaises passes.


Woman in a box (箱の中の女 処女いけにえ)
1985
Studio : Nikkatsu
Un film de KONUMA Masaru (小沼勝)
Avec : KIZUKI Saeko, TAMURA Hiroshi, Sai Reiko

Publié dans Cinéma Japonais

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Guillaume 03/06/2009 23:46

Apport d'informations complémentaires : KONUMA avait seulement en tete de réaliser ce qui allait finalement devenir Woman in a Box 2, soit une histoire à la montagne avec un hotelier qui capture des clients. La Nikkatsu rechigna a avancer les fonds, préférant voir KONUMA réaliser un bon film dans la mouvance AV de l'époque. Apres discussions, KONUMA donna son accord pour réaliser ce Woman in a Box à condition que Nikkatsu finance son projet de film.