HK Drums Hero

Publié le par Boutigny Guillaume

KING DRUMMER

Mis au chomage technique par la crise cinématographique qui commence à frapper le Japon dans la seconde moitié des années 60, quelques réalisateurs vont alors quitter le carcan des studios, non pas pour se lancer dans l'aventure de la production indépendante, mais pour rejoindre le giron en pleine expansion de la Shaw Brothers. A Hong Kong.

UMETSUGU Inoue est de ceux qui tentent l'aventure, et retiennent l'attention du l'omnipotent Run Run. Et donc apres un premier film bancal à la SB en guise de carte de visite (Operation Lipstick, avec Cheng Pei Pei), UMETSUGU se lance dans une activité sure : se remaker. La meme année il réalise donc Hong Kong Nocturne une version hongkongaise de Odoritai Yoru (踊りたい夜, un film qu'il a réalisé en 1963 pour la Shochiku) puis King Drummer, remake de son gros succes de 1957-1958, L'homme de la tempete.

Au menu, pas de véritable révolution. Malgré tout le bien que l'on peut penser de UMETSUGU Inoue il ne reste qu'un honnete artisan (bien au dessus du lot, ceci dit) qui ne va jamais vers la prise de risque. King Drummer est donc une copie carbone de l'original tourné pour la Nikkatsu en 1957, juste allégée du coté border line et explosif du personnage principal. C'est donc avec plaisir que l'on suit cette histoire de rivalité musicale sur fond de romance, et de quelques autres sous intrigues sans grand interet. L'expérience des années aidant, UMETSUGU se paie quand meme le luxe de transcender quelques scenes clés de son film original, principalement au niveau des passages musicaux. Pourtant la sauce a du mal à prendre. Trop conforme et donc sans surprise ? oui. Mais tout autant que le manque d'animalité du héros, ici interprété par Ling Yun, qui s'il est un peu plus convaincant dans les mouvements technique de batteur qu'ISHIHARA Yujiro, n'arrive pas à dégager la rage et l'energie necessaire à son personnage ne vivant que pour le son. Et L'homme de la tempete reposait principalement sur les épaules de ISHIHARA. Le manque d'alter ego hong kongais est donc réellement dommageable au film, qui se rattrape néanmoins avec la divine Lily Ho Li Li dont la présence illumine l'écran.

Sans etre un mauvais film, King Drummer décoit. La faute principalement à un manque certain d'energie et d'electricité emmanant du personnage principal. Et UMETSUGU réalisera bien mieux pour la Shaw Brothers (Hong Kong Nocturne, ou Hong Kong Rhapsody)


KING DRUMMER
1967
Studio : Shaw Brothers
Un film de UMETSUGU Inoue(井上梅次)
Avec : Lily Ho Li Li, Ling Yun, Yang Fan, Angela Yu Chien, Chang Hunt Li

Publié dans Cinéma Japonais

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