Dimanche 6 juillet 2008
Bin X Bin, Ninja Hamedori-kun

???????? doit etre la premiere reflexion qui traverse le cerveau du spectateur lambda dès le début de ce film. Caméra DV, réalisation maladroite usant d'effets de style désuets et appuyés, acteurs déguisés dans de mauvais costumes faits à la maison, musique déplorable. Bienvenue dans le v cinema nippon, appartement de NAKANO sensei. Bienvenue dans l'antre d'une légende vivante du mauvais gout nippon.
Jovial touche à tout, NAKANO Takao promene sa bonhommie et sa bonne humeur sur les plateaux de l'autre cinema nippon depuis maintenant +20 ans. Cet ancien réalisateur de films pornographiques est passé, en douceur, à la réalisation de grosses farces érotiques bien grasses dans lesquelles il place comme un leitmotiv indémodable ses fantasmes de prédilection. Homme de certitude, NAKANO Takao aime les femmes à formes, les plus nues possible bien sur, les plans sur les croupes, les bas résilles, les combats de femmes à connotation érotique (il est organisateur de cat fights. Un homme de gout, on vous dit !), et les situations scabreuses en tout genre tant que cela reste d'un bon gout discutable pour le commun des mortels. Et donc, apres avoir révolutionné le tentacle sex avec ces Exorsisters, il s'est mis à produire à un rythme régulier mais non effreiné des films gentillets, heureusement toujours assez courts pour rester supportables. En 2004 il profite de la sortie du live de Nin x Nin, Ninja Hattori-kun sur les écrans japonais pour en réaliser une adapatation coquine et grasse.

Nous sommes donc dans le Tokyo du 21ème siecle. Le jeune Kentaro, salaryman timide et réservé, est amoureux de sa jolie collegue Yumeka, mais n'ose lui avouer. Un soir en rentrant chez lui il croise un ninja tout de bleu vétu qui se fait sermoner par un cuisinier car il n'a pas de quoi payer son repas. Kentaro paie pour le drole de ninja, et ce dernier se propose alors de devenir le serviteur du jeune homme. C'est ainsi que le ninja s'immisce dans la vie de Kentaro, juste en temps pour sauver ce dernier d'un clan de ninja femmes qui tente de s'emparer d'un projet ultra secret sur lequel travaille le salaryman. Moui, moui, moui ..... en voilà un scenarion qui tue. Divisé en 7 saynettes, le scenario ne brille pas par son originalité. Ni par son traitement d'ailleurs. Mais qui donc viendrait chercher de la psychologie chez NAKANO ? On veut des gambettes, des seins, et des plans bien vulgaires. Et on l'obtient. Vous vous en doutez la majeure partie des techniques ancestrales du ninja bleu reposent sur le sexe : transformation en femme, invisibilité pour espionner dans les vestiaires, masque de démon vibromasseur etc.... NAKANO ne fait pas dans le subtil. Et cela passe tres bien. Car au delà du coté hautement artisanal de la mise en scene, des incrustations d'effets spéciaux tournés sur fond vert (il faut le voir pour le croire) et du jeu des comédiens, Bin X Bin reste un petit film de v-cinema sexy, et sympathique grace à une bonne dose d'humour décalé (et assumé) et des idées Nakaniennes qui mériteraient d'entrer au panthéon des bonnes idées du cinéma mondial comme ce plan vu de l'intérieur du vagin d'un femme. Les acteurs gesticulent donc avec en arriere plan une vague incrustation de morceaux de barbaque bien saignante, effet spécial dejà inauguré la meme année sur Killer Pussy, un autre monument plein de bon gout signé NAKANO Takao. Rajoutez un cat fight dont le cadrage sur l'entrejambe est une merveille de storyboarding efficace, des personnages qui ne servent à rien, des culottes humides, et vous obtenez ce qui vous etes venus chercher; ne le niez pas, bande de pervers !

Les connaisseurs diront que finalement tous les films de NAKANO Takao se ressemblent. Oui c'est exact. Et il vaut mieux préférer d'autres films à ce Bin X Bin, c'est certain. Mais cette gentille parodie erotique innofensive propose quand meme une des plus belles héroines Nakaniennes en la personne de KITAGAWA Sayaka, une magnifique jeune femme tres souple. En effet cette ancienne gymnaste et, à l'époque, future actrice d'AVs (les films pornographiques japonais où elle officiera à partir de 2005 sous le nom de KITAGAWA Akika) profite des années passées à s'entrainer au balet pour faire des pirouettes incroyables, meme lors des scenes intimes. Où quand le lac des cignes rencontre Rocco Siifredi. Et si cet argument ne suffit pas à vous faire regarder Bin X Bin, dites vous bien qu'a la fin NAKANA Takao nous place son fameux et presque régulier robot géants en plastique qu'on ne sait pas trop ce qu'il vient faire là mais que tant pis c'est quand meme génial.

Alors, vendu ?

NdR : Bin Bin. Onomatopée japonaise pour signaler la raideur d'un attribut masculin en pleine forme.


Bin X Bin, Ninja Hamedori-kun (BIN BIN 忍者ハメ撮りくん)
2004
Nikkatsu / Taboo7
Un film de NAKANO Takao (中野貴雄)
Avec : KITAGAWA Sayaka, ANZU Yuki, KAWASAKI Hiroyuki, CHIBA Naoyuki, KURODA Emi, TAKAHASHI Miki, YOSHIYUKI Yumi
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