The King

Publié le par Boutigny Guillaume

ISHIHARA Yujiro (石原裕次郎)

Parler de ISHIHARA Yujiro revient à s'attaquer à un monument national. On parle peu d'aileurs de ces stars japonaises mainstream comme lui, ou MISORA Hibari (tous deux décédés la meme année, triste 1987). Et pourtant c'est à se demander comment l'aura de personnalités comme ISHIHARA Yujiro n'a pas irradié internationalement.

Né en 1934 à Kobe, ISHIHARA Yujiro est devenu en quelques films l'incarnation parfaite de la jeunesse japonaise, celle de la Tribu du Soleil en particulier. Imposé par son frere, ISHIHARA Shintaro (auteur emblématique de romans sur la Tribu du Soleil), sur le tournage de Season of the Sun pour un second role, le jeune Yujiro s'imposera définitivement avec Crazed Fruit et son personnage de jeune homme libre et rebelle. La Nikkatsu venait de trouver en lui une icone générationelle, qu'elle exploitera à un rythme effréné pendant plus de 10 ans (+80 films). Mais pourquoi un jeune homme presque quelconque fut considéré comme un modele ?
Au premier abord ISHIHARA Yujiro n'a rien d'une star. Implantation capillaire hasardeuse, tout comme celle de ses dents (mais on est au Japon, donc....), carrure commune..... Mais le jeune homme a une attitude, un sourire, une nonchalance rebelle et insolente qui correspondent aux attentes du public. Il est l'incarnation charnelle d'une vision de la jeunesse, dans toute sa splendeur et sa décadence. Et en plus il a une voix de velours à faire tomber toutes les femmes. ISHIHARA Yujiro est un sex symbol, une dose de testosterone sur jambes, un etre charismatique en diable. Et il sait parfaitement en jouer.
Alternant alors roles cinéma et enregistrements audio, majoritairement pour des titres tirés des films dans lesquels il joue, ISHIHARA Yujiro déchaine les passions et enchaine les exces. Car ISHIHARA Yujiro est à l'image de ses personnages, il est entier. Et il profite de sa popularité et des ses avantages, dont la boisson; et ce malgré son mariage avec la magnifique KITAHARA Mie (北原三枝), sa partenaire dans plusieurs films. La fatigue et la maladie auront raison de lui et de son image de jeune homme sur la breche, pret à exploser les conventions. Grossi, ISHIHARA Yujiro ne correspond plus vraiment à son image. Il décide alors de quitter la Nikkatsu, fin des 60's, pour se lancer dans la production. Si le succès n'est pas aussi retentissant que lors de sa période Nikkatsu, l'acceuil public de ses productions, en cette decennie 70 (on connait les difficultés financieres des Majors liées à la baisse drastique d'entrées en salle) est plutot bon, confirmant une popularité toujours haute et entretenue par de nombreux disques. Car finalement ISHIHARA Yujiro ne vit plus pour le cinéma. Il s'en desinteresse, lentement mais surement.

Rattrapé par le cancer, il décede en 1987. Ses funerailles sont nationales. Puis en 1991, un musée est ouvert à sa gloire. Aujourd'hui encore on estime le nombre de visiteurs à plus d'un million par an. Au delà des chiffres pour le Graceland de Presley, auquel ISHIHRA Yujiro est régulierement comparé. Il y a des similitudes, qui completent la légende.

Publié dans Portraits

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