Je vais te donner ce qu'une fille a de plus précieux

Publié le par Boutigny Guillaume

YAMAGUCHI Momoe

Imaginez. Vous etes un adolescent japonais en 1973. Et a à la radio une jeune chanteuse entonne, de sa voix suave, une chanson dont les seules paroles que vous retenez vraiment sont "anata ga nozumu nara, watashi nani o sarete mo ii wa. ikenai musume da to uwasa sarete mo ii" (Tu peux faire ce que tu veux de moi, les rumeurs qui me traitent de mauvaise fille ne me genent pas). Réaction classique, sous le coup de l'exitation vous vous renseignez et, abasourdis, vous découvrez que la jeune chanteuse n'a que 13 ans, une visage d'ange, un look de garçon manqué savament travaillé, et se nommme YAMAGUCHI Momoe. Ce que vous ne savez pas, alors, c'est que ce nom va rester gravé dans l'inconscient collectif japonais pour les millenaires à suivre.

Yamaguchi Momoe est née à Tokyo le 17 Janvier 1959, et se fait remarquer à l'age de 13 ans dans l'emission télé crochet Suta Tanjo (Une star est née). Bien qu'arrivée seconde au concours, elle décroche néanmoins un contrat chez Sony; qui voit alors en elle une star en devenir. Et chez Sony Japon, ils doivent encore s'en frotter les mains et déposer tous les matins des offrandes devant la photo du directeur artistique qui a eu le nez si fin. Premier single et premier film dans les semaines qui suivent la signature, et semi échec. Puis c'est le début de la Momoe mania avec la sortie du plus que suggestif Aoi Kajitsu dont les paroles, reprises ci haut, ont déclenchées des sueurs chez pas mal de personnes. S'enchainent alors à grande vitesses des album et des singles, avec toujours cette pointe acidulée de provocation sexuelle à peine voilée, qui culmine avec le chanson Hitonatsu no keiken où la jeune chanteuse de 14 ans parle ouvertement de premiere expérience sexuelle (Anata ni onna no ko no ichiban taisetsu na mono wo ageru wa, soit je vais te donner ce qu'un fille a de plus précieux). Et derrière le phénomène YAMAGUCHI Momoe, les fins observateurs ne manqueront pas de remarquer que se dessine surement les bases de ce qui fera le succès de la musique biodégradable que l'on nomme afectueusement jpop, mais surtout des simili star ephemeres. Provocation, comportement et visage angélique. Et pourtant Momoe depasse cela. Il transpire de chacune de ses chansons et prestation une aura qui ne trompe pas. La gamine provocante, qui accumule succes musicaux mais aussi cinématographiques (c'est avant tout une idoru, donc un produit à placer pour rentabiliser l'investissement) est une star; et en tant que telle elle va rapidement s'envoler vers un registre plus mature, suivant son évolution naturelle. De paroles provocatrices, les chansons de Momoe passent alors vers la féminité, qui se marie à merveille avec sa voix puissante et suave. En constante évolution artistique, la chanteuse se tournera meme vers le rock pour ses derniers albums en 1980 (dont l'opera rock Phoenix Densetsu)

Derniers albums ? oui, car Momoe a choisi entre vie sentimentale et carriere. Et comme il est inconcevable qu'une idoru, si déifée soit elle, puisse etre mariée alors qu'elle continue sa carrière, YAMAGUCHI Momoe décide d'arreter sa carrière pour vivre avec TOMOKAZU Miura, un acteur avec lequel elle a joué dans de nombreux films et dramas. Et dans un tout dernier show mythique au Nippon Budokan, Momoe dit adieu à son public le 15 Novembre 1980. Un spectacle émouvant et digne, dernier éclat d'une étoile musicale qui reste à ce jour dans les coeurs de nombreux japonais.

7 ans de carriere, 22 albums, 15 films. Une carrière éclair menée à 100 à l'heure. Momoe, on t'aime.


YAMAGUCHI Momoe (山口百恵)

 

Publié dans Asian Sound

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