De l’interet à changer de média (du manga au live) Portage : nom qui ne veut pas dire grand-chose si ce n’est décrire de maniere simple la transposition d’un média sur un autre média. Le portage est donc bien plus qu’un remake ; meme si une question reste fondamentale dans les deux cas : comment garder l’ame du sujet original ? Une chose est certaine : le portage ne date pas d'hier. Une majeure partie du cinéma mondial et donc japonais est basé sur le portage; celui d'une oeuvre litteraire vers le média cinematographique, voire meme au Japon d'une oeuvre théatrale (que cela No ou Kabuki) vers le cinema. Et il y a autant de réussites et échecs que de bons ou mauvais films, sachant qu'un bon livre ne donne pas forcément un bon film, mais qu'un mauvais livre peut donner un bon film. Tout est question, alors, de talent d'adaptation de la personne s'atelant au scenario, de son approche de l'oeuvre de base mais aussi de sa comprehension des deux médias. Car pour transposer un livre, il faut s'y connaitre en cinéma; les regles [...]


FISHES IN AUGUST Film à ne surtout pas confondre avec son homonyme en vo dans le texte et intitulé à l'international August in the Water, réalisé 3 ans plus tot par l'esthete sonore ISHII Sogo, Fishes in August fait partie de ces perles qui sont autant passée inaperçues au Japon qu'à un niveau mondial. Le fait est que Fishes in August est avant toute chose un téléfilm commandé par NHK Osaka, et que par conséquent sa diffusion au Japon n'a pas eu les matraquages publicitaires que sa qualité intrasèque aurait mérité. Et meme maintenant, alors que le second film, Sunday's Dream (aka Un dimanche inachevé)  de TAKAHASHI Yoichiro, a été salué à Cannes lors de la selection Un certain regard en 2000, ce dernier reste un grand oublié du systeme cinématographique japonais. Oublié par la critique, ses films étant de fait quasi invisibles, et oublié par le métier aussi, TAKAHASHI n'ayant que deux films à son actif et étant retourné (par choix ?) à la réalisation de dramas et autres programmes pour la NHK. Espérons seulement qu'il puisse à nouveau se tourner vers la [...]


SYNESTHESIA Quelques fois le cinema japonais accouche de petits films d'apparence modeste et qui sont betement mis de coté; en attendant un hypothetique moment où il n'y aurait que ça à voir, comme si on s'attendait déjà à un spectacle mineur que la mémoire pourrait rapidement catégoriser dans les sections des films dont on ne retient qu'a peine le titre. Synesthesia est un de ces films; qu'à ma grande honte j'ai longtemps laissé prendre la poussiere, et ce malgré un casting plus qu'alléchant. Shinsuke, atteint de synesthesie, et son collocataire Takashi sont webmasters de sites de caméras cachées pour le compte d'un yakuza. Un jour ils recceuillent Mari, une jeune fille mutique, qui a fugué suite au meurtre de son pere adoptif. Il semble qu'elle soit la prochaine cible du tueur, une légende urbaine nommée Picasso. Ce dernier pousserait ses victimes au meurtre ou au suicide via un jeu video de sa conception. En décidant d'aider Mari, Shinsuke constate que les marques laissées par le tueur pourraient etre un message que seules les personnes atteintes de [...]


AMER BETON Par où réellement commencer un avis sur Amer Beton ? Peut être par cette définition : expérience cinématographique intense et salvatrice. Voilà une dizaine d’année un jeune éditeur, Tonkam, sortait un manga étrange éloigné de ce que la communauté française fan de manga, un cercle restreint, connaissait et attendait sur le marché. Première sortie d’un titre véritablement adulte, Amer Beton (Tekkonkinkreet en VO) a été trop en avance sur son temps et, difficile d’accès, n’a pas conquis comme escompté. Pourtant nous avions là un manga hors norme mais aussi et surtout un auteur, TAIYO Matsumoto, mangaka de génie qui tardera à se faire aimer en France mais qui jouit aujourd’hui d’une excellente réputation critique, à l’instar de TANIGUCHI. Tout aussi exigeant que le manga, le film d’animation ne mettra sûrement pas tout le monde d’accord, mais a le mérite de poser une nouvelle pierre fondatrice sur la pyramide de l’animation japonaise. Il y a aura bien un avant et un après Tekkonkinkreet, comme ce fut le cas pour Akira et Ghost in the Shell en leur [...]


MOONRIDERS : KNIT CAP MAN Quand IWAI fait du OZU... Cela peut paraitre antinomique ne serait ce que sur un plan formel tant les deux réalisateurs ont un style différent. Il y a certes cette sensibilité accrue à retranscrire les aléas familiaux et intimes d'une époque, mais IWAI n'y inclue pas le rythme intimiste et forcément lent (dans le bon sens du terme) de son illustre prédecesseur. Alors pourquoi IWAI ferait il du OZU ? Tout simplement en guise d'expérimentation formelle en extension d'un clip. En effet pour feter dignement les 20 ans du mythique groupe Moonriders, on demande à IWAI Shunji de réaliser le clip de la chanson Knit Cap Man (ニットキャップマン), tirée de leur album Bizzare Music for You (1996). Iwai imagine donc un clip-histoire au sujet d'un clochard vivant sur les berges d'un fleuve. Sa vie a l'air heureuse, il joue aux echecs avec un jeune homme qui passe le voir de temps à autres, il regarde sous les jupes des jeunes lycéennes qui passent sur les berges. Mais on découvre vite qu'il est un ancien champion olympique, tombé dans l'oubli et [...]
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